Ils courent, ils se bousculent, se piétinent, au son d’une sinistre mélodie militaire. Cette symphonie particulière ; puissance obscure qui pénètre l’esprit et la
raison avec plus de facilité qu’un glaive tranchant dans une poitrine , n’est de loin pas innocente ! Elle entraîne les âmes hagardes, qui les yeux vitreux se précipitent sans y penser
vers la lucarne sacrée, singeant des naufragés avides de trouver un canot de sauvetage.
Partout, dans les couloirs de la marchandise, dans les tunnels de l’ abjecte abondance ils courent à en perdre la vie pour mieux se gaver, pour avaler avec une grande
aisance et un savoir faire unique et surtout pour écraser impitoyablement leurs voisins sous la jalousie et la fierté.
Dans les hauts parleurs immondes des camps de consommation ; des manipulateurs et autres marionnettistes hypnotiseurs vomissent leur bile pour exhorter les
foules d’automates à l’ultime sacrifice de leur intelligence, de leur imagination, de leur désir.
Ce lourd tribu ouvre les portes d’un monde superficiel ou payer le prix le plus élevé pour la plus ridicule des marchandises, ou l’immensité d’un écran
de télévision, ou un signe précis sur une banale étoffe, seront autant de baromètres infaillibles pour mesurer la réussite.
Alors ils se mordent, ils s’arrachent les yeux et se plaignent du « calvaire », de la « galère » qu’ils ont eux même choisi de
s’infliger.
Créatures futiles, martyrs du monde modenre, ils ne sont même pas conscient de la pauvreté de leurs rêves qui de doute façon ne leurs ont jamais appartenu car
depuis longtemps déjà, leur frêles chevilles sont enchaînés.
Les chiens sont là bien entendu, ils aboient énergiquement dans leurs instruments maudits et enregistrent le spectacle misérable de leurs comparses, qui s’entretuent avec
rage pour quelques objets de peu d’importance.
Ce commentaire qu’ils font avec sérieux et méthode, n’existe que pour inviter les pauvres fous qui ont oubliés de venir participer à ce joyeux massacre organisé, à
rejoindre la meute dans les meilleurs délais.
Le gros homme, chef du temple sanglant, se frotte les mains du haut de son mirador en observant la procession religieuse d’affamés, qui se dirigent vers son
autel.
Cette odeur tenace de haine et de frustration qui leur colle à la peau n’est que la simple manifestation, l’assurance que ses infâmes et gigantesques coffres vont se
remplir rapidement...
Il est donc bien légitime, ce sourire ingrat collé à son laid visage. Ne sommes nous pas en sainte période pour le troupeau qu’il guide ?
C’est le début des soldes…
Par Skalp
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Publié dans : Enragés
Jeudi 6 mars 2008
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